Quelles sont les principales espèces de coccinelles au jardin ?
Petite, ronde, souvent rouge à points noirs, la bête à bon Dieu fait partie des rares insectes que tout le monde accueille avec le sourire. Derrière cette image familière se cache une redoutable prédatrice de pucerons, capable de protéger rosiers, fèves et arbres fruitiers sans le moindre traitement chimique. Des espèces introduites puis devenue envahissantes, les différences ne sautent pas toujours aux yeux. Voici de quoi les reconnaître, comprendre leur cycle de vie et les inciter à s’installer durablement chez vous.
Quelles espèces trouve-t-on au jardin et à quoi servent-elles ?
La France compte environ 130 espèces de coccinelles, sur près de 6 000 décrites dans le monde. Toutes ne mangent pas la même chose, si la majorité chasse les pucerons, certaines se nourrissent de cochenilles, d’acariens, voire d’oïdium. Les chenilles, trop grosses pour elles, relèvent d’une autre parade, comme un piège à chenilles installé sur le tronc des arbres touchés.
Au jardin, une poignée d’espèces revient pourtant très souvent. Voici les plus courantes et leurs signes distinctifs.
- La coccinelle à sept points mesure 5 à 8 mm, porte des élytres rouges ornés de sept points noirs, et un adulte peut dévorer jusqu’à une centaine de pucerons par jour.
- La coccinelle à deux points mesure 3,5 à 5,5 mm et existe en version rouge à deux points noirs ou noire à taches rouges, ce qui prête souvent à confusion.
- La coccinelle à quatorze points mesure 3,5 à 4,5 mm et se reconnaît à son dessin jaune et noir en damier.
- La coccinelle à vingt-deux points, jaune vif et longue de 3 à 4,5 mm, ne mange pas de pucerons mais l’oïdium qui blanchit les feuilles.
- La coccinelle asiatique atteint 5 à 8 mm, compte de 0 à 19 points et porte souvent un M ou un W noir sur le thorax.
Cette diversité a une conséquence pratique, une coccinelle jaune n’est pas forcément un ravageur et une coccinelle rouge n’est pas forcément locale. Observer la taille, le nombre de points et le dessin du thorax reste le moyen le plus fiable pour trancher.

Les espèces indigènes, précieuses alliées du potager
Les espèces locales ont évolué avec la flore et la faune de nos régions, ce qui les rend parfaitement adaptées aux cycles des pucerons. Actives de mars jusqu’aux premières gelées, elles sont totalement inoffensives pour l’humain et ne mordent pas.
Leur efficacité repose largement sur les larves, bien plus voraces que les adultes. Une seule larve de coccinelle à sept points consomme plusieurs centaines de pucerons en trois semaines de croissance, ce qui en fait un outil de lutte biologique redoutable. Leur présence sur vos fruitiers est d’ailleurs bon signe, le jardin s’autorégule.
Certaines espèces plus discrètes méritent aussi l’attention. La coccinelle noire à deux taches rouges s’attaque aux cochenilles des arbres, tandis que les minuscules Stethorus, qui dépassent à peine 1,5 mm, régulent les acariens rouges.
L’espèce asiatique invasive, comment la repérer au premier coup d’œil
Originaire d’Asie, Harmonia axyridis a été introduite en Europe à partir des années 1980 pour lutter contre les pucerons en serre. Échappée des serres, elle a colonisé presque toute la France en une quinzaine d’années. Plus grosse, plus prolifique et moins difficile sur le menu, elle concurrence les espèces locales et va jusqu’à dévorer leurs œufs et leurs larves.
Pour la reconnaître, fiez-vous à plusieurs indices réunis plutôt qu’à la couleur, qui varie du jaune orangé au rouge ou au noir. Son thorax blanchâtre porte souvent une marque noire en forme de M ou de W, ses pattes sont brunes et non noires, et ses élytres présentent fréquemment un léger bourrelet à l’arrière. Sa taille, proche de 7 mm, la distingue aussi des petites espèces locales.
Son comportement la trahit également. À l’automne, elle se regroupe par centaines sur les façades ensoleillées puis s’invite dans les maisons pour hiverner, ce que les espèces indigènes ne font quasiment jamais. Dérangée, elle peut pincer la peau et libère un liquide jaune malodorant qui tache les tissus. Mieux vaut donc l’aspirer plutôt que l’écraser.

Attirer et garder ces auxiliaires au jardin
La première règle est simple, moins de traitements insecticides, c’est plus de coccinelles. Même les produits autorisés en agriculture biologique, comme le pyrèthre, tuent les larves et les adultes. Tolérer quelques pucerons au printemps, c’est aussi laisser aux prédatrices de quoi se nourrir et pondre. Côté plantations, certaines fleurs offrent pollen, nectar et refuges.
Le fenouil, l’aneth, la capucine, le souci ou la mauve attirent les adultes, tandis que les orties hébergent des pucerons spécifiques qui servent de garde-manger en début de saison sans menacer vos cultures. Un hôtel à insectes garni de tiges creuses et de pommes de pin, ou simplement un coin laissé en friche, complétera le dispositif pour l’hiver.
Évitez en revanche de ramasser des coccinelles dans la nature pour les relâcher chez vous, car elles s’envolent presque toujours dès le lendemain. Un nettoyage trop zélé à l’automne les prive aussi de leurs abris d’hiver.
